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Phonétique acoustiqueLobjet détude de la phonétique acoustique est constitué par londe sonore telle que produite par les organes de la phonation. Bien que cette onde soit audible, ses propriétés physiques ne sont observables quà laide dappareils permettant danalyser les éléments qui la constituent. Du point de vue de la phonétique acoustique, les sons du langage humain sont constitués par des ondes en mouvement. Il sagit essentiellement dun mouvement vibratoire régulier ou irrégulier généré par les articulateurs et les cordes vocales, mouvement qui se propage dans lair ambiant à une vitesse de 340 mètres à la seconde. La classification des sons du langage que nous propose la phonétique acoustique est basée sur les propriétés physiques des sons. Ces propriétés ont trait à la nature périodique ou apériodique de londe sonore et sont en outre responsables de la sensation de hauteur, de celle dintensité, du timbre et de la durée des sons perçus. Londe sonore
Les vagues créées par un objet lancé dans un plan d'eau calme constituent un exemple visible d'ondes périodiques. Pour un exemple, vous pouvez consulter cette image du site de l'Université de Leeds. Caractéristiques de londe sonoreLa vitesse des mouvements daller et de retour des vibrations est responsable de la sensation de hauteur. Plus les mouvements vibratoires sont rapides, plus le son sera aigu. À linverse, un mouvement plus lent engendre un son plus grave. De façon objective, la hauteur dun son correspond à sa fréquence et est exprimée en cycles par secondes ou Hertz. Un son comportant 100 cycles par seconde, soit 100 mouvements complets daller et de retour par rapport au point de repos, aura une fréquence de 100 Hertz.
Lamplitude du mouvement doscillation, cest-à-dire la distance parcourue ou la pression exercée par le déplacement des molécules dans lair ambiant par rapport au point de repos, correspond à la sensation dintensité sonore ou de force; plus le mouvement est ample, plus le son sera perçu intense. Outre sa fréquence supérieure, l'onde sinusoïdale de 500 Hz présentée ci-haut est plus intense que celle dont la fréquence est de 250 Hz. Lamplitude dune vibration peut être exprimée objectivement par le calcul des variations de pression dair (exprimée en Micron Bar et convertie en watt/cm2). On utilise toutefois plus fréquemment une unité de mesure relative, le décibel (dB), pour rendre compte de lintensité dun son. À titre d'exemple, mentionnons que le seuil de perception est fixé à 0 dB, le bruissement des feuilles dans les arbres correspond à 20 dB, l'environnement sonore d'une rue achalandée où la circulation est intense est de 70 dB et le seuil de la douleur de 120 dB. Enfin, létalement du mouvement oscillatoire dans le temps est responsable de la sensation de durée dun son. On mesure objectivement la durée en centièmes (cs) ou en millièmes (ms) de seconde. Pour une illustration des paramètres de fréquence et d'amplitude, rendez-vous au tableau intitulé "Physical variables" dans le site suivant: Université Mc Gill (site en anglais). On distingue également, en acoustique, les ondes simples des ondes complexes. Londe complexe se compose dune multitude de fréquences secondaires, périodiques ou non, que lon appelle des harmoniques. Les sons du langage humain sont tous des manifestations dondes complexes.
Propriétés de londe périodique complexeLonde périodique complexe possède certaines propriétés que le langage humain exploite et mérite, de ce fait, quon sy attarde. Londe périodique complexe est constituée dune première onde que lon appelle le " fondamental ". Cest la fréquence de cette onde qui nous permet dévaluer, de façon globale, la hauteur du son, à la manière dune note de musique que lon situerait par rapport à la gamme. La fréquence correspond au nombre de cycles (mouvements daller et de retour par rapport au point de repos) sur une période dune seconde. Les ondes qui accompagnent le fondamental sont appelées les harmoniques. La fréquence de chacune des harmoniques est un multiple entier de la fréquence du fondamental. Les harmoniques possèdent ainsi des fréquences propres qui sont plus élevées que celle du fondamental. Leur intensité est, par contre, moins importante que lintensité du fondamental. Comment sont générées ces harmoniques? Pour répondre à cette question, nous devons garder à lesprit le rapport qui existe entre la fréquence du fondamental (générée par lentier des cordes vocales) et les fréquences dharmoniques, multiples entiers de la fréquence du fondamental. Procédons par une analogie fort simple, soit en comparant les cordes vocales à des cordes de guitare. Lorsque, dune pression du doigt, on met en mouvement une corde de guitare, un son dune hauteur précise en résulte. Si on divise cette même corde de guitare en deux parties égales et que lon fait vibrer les deux demi-cordes ainsi obtenues, un son plus élevé se fait entendre. Il en va de même si nous subdivisons la corde en trois, puis en quatre: chaque fois, on obtient un son dont la hauteur est supérieure à celle obtenue avec la corde entière, cest-à-dire non subdivisée.
La résonanceLe voisement que nous percevons est différent de celui produit à la source par les cordes vocales. Ce que nous entendons est le fruit dun phénomène mixte damplification et de filtrage des différentes fréquences formant londe complexe. La capacité damplifier ou, au contraire, datténuer certaines fréquences est la propriété de tout résonateur. Dans le cas précis du langage humain, la masse dair contenue dans les cavités supra-glottiques entre en vibration sous leffet du mouvement des cordes vocales et ce sont les cavités supra-glottiques qui jouent le rôle de résonateur. La forme, la dimension ainsi que la matière qui compose ces cavités sont autant de particularités qui détermineront les fréquences qui seront mises en évidences et celles qui seront atténuées. Des illustrations ainsi que diverses informations sur les résonateurs sont données dans le site suivant que nous vous invitons à consulter avant de poursuivre votre lecture: Cours de phonétique de l'Université de Lausane. Entrons un peu plus en détail dans le phénomène de la résonance. Tout corps, quil soit solide, liquide, gazeux peut entrer en vibration et peut, de ce fait, constituer un résonateur. En effet, tout corps possède sa propre fréquence, cest-à-dire sa propre longueur donde. Un stimulus vibratoire dont la longueur donde sapproche ou équivaut à celle dun corps se trouvant à proximité entraînera la mise en vibration de ce corps. Londe initiale, provenant du stimulus, se verra ainsi amplifiée et sa perceptibilité en sera augmentée. Le corps agit alors comme amplificateur de londe initiale. Au contraire, si le stimulus ne vibre pas à une fréquence identique ou voisine de celle du corps solide, liquide ou gazeux, londe ne pourra être amplifiée. Le corps nentrera pas en vibration et agira comme un filtre par rapport à londe initiale. Le corps ou la matière qui entre en vibration joue un rôle de courroie de transmission entre la fréquence de vibration dun stimulus et le milieu ambiant. Dans le cas précis de la parole, le stimulus est fourni par londe périodique complexe provenant du mouvement des cordes vocales et ce sont les cavités supra-glottiques avec lair qui y est contenu qui assurent la fonction de résonateur. Les cavités supra-glottiques ont la capacité de neutraliser certaines harmoniques et den mettre dautres en évidence par un simple changement de configuration. Tout changement dans la position des articulateurs entraînera la création dun nouveau résonateur potentiel possédant sa propre longueur donde et répondant à des stimuli vibratoires précis. Lorsque lon prononce, sur une note constante ou à une hauteur de voix constante, des voyelles aussi différentes que " a e i o u ", cest le procédé datténuation et de renforcement que nous avons décrit plus tôt qui entre en jeu et qui est responsable de lapparition du timbre propre à chacune des voyelles. Les harmoniques renforcées sont, en fait, des ondes dont la fréquence est rendue plus proéminente. On appelle ces fréquences proéminentes des formants. La production dun son tel que [i] requiert que soient renforcées les fréquences avoisinant 250 Hz, 2 250 Hz, 3 000Hz, et 3 500Hz. Larticulation du [o] appelle un renforcement des fréquences situées autour des valeurs de 400Hz, 800Hz, 2500Hz, et 3200Hz. La mise en position des organes articulatoires pour la production de chacune des voyelles entraîne la création dun résonateur capable de renforcer et datténuer des harmoniques précises. Il en résulte à chaque fois un timbre particulier, celui de chacune des voyelles dune langue donnée. Les formantsLa fréquence fondamentale (fréquence de vibration des cordes vocales) est responsable de la hauteur perçue dun son. Elle est également appelée F zéro et notée F0. Les fréquences dharmoniques renforcées, responsables du timbre dun son, sont elles aussi numérotées. F1 correspond à la première zone dharmoniques renforcées, F2 à la seconde et ainsi de suite jusquà F5. Il est à noter que, généralement, la lettre " F " de " F0 " nous réfère à une valeur de fréquence alors que cette même lettre " F " lorsquelle accompagne les valeurs sétalant de 1 à 5 est le plus souvent associé au terme " formant ". Donc, " F0 " est la fréquence du fondamental alors que " F1 ", " F2 ", etc. font le plus souvent référence à " formant 1 ", ou premier formant, " formant 2 " ou deuxième formant, etc. Il nen demeure pas moins quà chaque formant doit être associée une valeur de fréquence. Voyelles et consonnesLa description acoustique des voyelles prend principalement en compte les valeurs des deux premiers formants. Les valeurs des formants 1 et 2 permettrait aux auditeurs didentifier les voyelles orales. Leurs valeurs respectives rend compte des propriétés du résonateur buccal et du résonateur pharyngal. Ce sont les formants les plus graves et il arrive que le premier formant se confonde avec le fondamental, particulièrement lorsquil sagit de voix de femmes ou denfants dont la fréquence naturelle de la voix est plus élevée. La labialisation (ou arrondissement) des articulations vocaliques agit sur le valeur du troisième formant. Ce lien ne vaut toutefois que pour les voyelles antérieures. La production des voyelles nasales implique la participation dun résonateur supplémentaire: les fosses nasales. Cela a pour conséquence daffaiblir lintensité des formants 1 et 2 et de générer un formant supplémentaire dont la valeur se situe entre 300Hz et 600Hz. Enfin, on considère que les quatrième et cinquième formants seraient liés à des caractéristiques individuelles ayant trait à la forme et à la dimension du résonateur ainsi quau timbre individuel de la voix. La caractérisation acoustique des consonnes doit rendre compte de certaines propriétés acoustiques des ondes non périodiques dont elles sont constituées. On peut effectuer une certaine classification à partir des bruits dexplosion ou de friction de même quà laide des mouvements de transitions des voyelles vers les consonnes puis des consonnes vers les voyelles. Ces mouvements de transition sont appelés " locus " mais nous nentreront pas dans le détail de leurs caractéristiques pour nous restreindre plutôt à des observations plus générales qui nous permettront tout de même de saisir de façon globale les traits acoustiques principaux des consonnes françaises. Tout dabord, on doit retenir que les consonnes sont constituées dondes apériodiques complexes, cest-à-dire de " bruits ". Cest pourquoi, tant du point de vue acoustique que perceptif, la classification des consonnes reposera sur la nature du bruit. Cest en modifiant le parcours du courant dair provenant des poumons par un rétrécissement ou une fermeture temporaire du canal buccal suivi dune ouverture brusque que sont produits les sons consonantiques. Le bruit consonantique sera continu ou discontinu, et couvrira une certaine zone de fréquence de telle sorte quon le percevra plus grave ou plus aigu. Un bruit où prédominent les fréquences basses sera perçu comme grave alors quun bruit où prédominent les fréquences hautes sera perçu comme aigu. Le bruit dexplosion du " t " soppose à celui du " p " par sa hauteur. De même, le bruit du " s " est plus aigu que celui du " ch ". Pour entendre quelques exemples de réalisations des consonnes françaises, vous pouvez consulter les sites suivants: Cours de phonétique Université de Lausane (consonnes isolées) Phonétique CIRAL (consonnes à l'intérieur de mots) Lorsque la consonne est voisée, il y a aussi production dondes périodiques. Certaines consonnes (m, n, l, r en français) possèdent une structure acoustique qui ressemble à celle des voyelles. La faible tension qui accompagne les phases docclusion (m, n) ou de constriction (l, r) permettent la mise en évidence des ondes périodiques produites ce qui se traduit par lapparition de formants. Cest la raison pour laquelle on utilise fréquemment le terme " sonantes " pour désigner ces consonnes. Traitement du signalCet exposé sur les propriétés acoustiques des sons du langage sera complété sous peu par une rubrique portant sur le traitement du signal. En attendant, vous pouvez consulter certains sites intéressants dont celui de l'Université de Leeds. Le site de l'Institut de la communication parlée (ICP, Grenoble) vous convie à des démonstrations de divers synthétiseurs de parole.
Revision: 15 October 1998 |